Ardenne

Vieille fonderie de ma vie

Dans ces bois d’encaustique

Murs de pierres étanchées par le temps qui vient va

Braises incandescentes et ce bois qui refuse de brûler

Les loups peut-être

Seront de la fête

Je dévore la viande d’ici

Sur le bois d’ici

Et oublie la ville policée

La ville trublione

Il y a des vallées des forêts

Des orchestrations de branches

Un ciel qui vomit

L’envie que j’ai de rester sous son couvert

Pas le goût de ce peuple traçant

Sa voie dans l’oubli des corps

Non le seul ancrage possible

Dans la moiteur et l’hormone des racines

Et l’effervescence de la sève

Je t’aime l’ardenne des confins

Et de ma naissance infinie

On s’éternisera toujours là où tu m’emmèneras

©Photos Perso GilRay

Texte: GilRay, 13 juin 2019

traverser une ville

Traverser une ville comme un couteau à lame fine

Qui libérerait la chair de ses pierres

Et les coutures de ses artères

Traverser une ville

Comme un architecte dépaysé

Recréant sans cesse

Les volumes ses obsessions

Charpentes engourdies

Rivets tétons

Fuselages de vitres teintes

Sombres luminescences

Digues d’acier rigide

Vapeurs filtrant des sols tuméfiés

Sans frontières ni garde-fous

Foules insignifiantes

Que dérèglent des clepsydres

Futuristes

Traverser une ville comme un paquebot fou

Et se languir d’un ciel captif

Des ouvriers malhabiles

Ont plaqué des nuages exsangues

Sur des tours tremblantes

Des fonctionnaires androïdes

Ont sucé le sang

Des natifs jusqu’à la moelle

Semé le vide

Et racorni nos regards

Ne cours plus dans ces rues

Elles ont nourri

Tes amours indécises

Et puis crayonné tes haines

Ne cours plus dans ces rues

Elles vivent dans les plis et les replis

De ta tête

undefined Tu traverseras ta ville comme un couteau à lame fine

Peinture fraîche, le grand rendez-vous lyonnais du street art

Les billets de Miss Acacia

Festival novateur et défricheur, pluriel et tourné vers le futur, Peinture Fraîche investit la Halle Debourg, un ancien entrepôt de fret-triage du 3 au 12 mai 2019 . Découvrez le programme…

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Une femme en contre-jour – Gaëlle Josse – Éditions Noir sur Blanc

 Une femme en contre-jour – Gaëlle Josse aux Éditions Noir sur Blanc – « Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants. Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos. Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années (…)

Source : Une femme en contre-jour – Gaëlle Josse – Éditions Noir sur Blanc

 

Bestiaire foufou

Résultat de recherche d'images pour "tête de grenouille"

Une grenouille

Se marre

Dans une mare

Fripouille

Une abeille butine

Dans ma cuisine

Chantonnant elle s’obstine

Une blatte se plaint

D’un fil à sa patte

Elle a le cafard

Pelotonnée

Dans son placard

L’araignée

Dans l’ombre des solives

Salive

Végétarienne

Et maladive

Je n’ai pas vu le lion

Dans mon salon

Discret

Il retourne au Gabon

Sous les combles

La chauve-souris

Fait le service

Tête en bas

Observatrice

Des branle-bas

Dehors

Le troglodyte

S’en va conter bluette

Aux papillons retors

Quelques brindilles

Dans son bec en goguette

Un blaireau pas si niais

Râle dans ses épais taillis

Il pleure son terrier

Dévalorisé

Sous la coupe de quelques rongeurs

Promoteurs immobiliers

Sans vergogne

Et puis moustiques et tiques

Peu sympathiques

Jouent à pique pique

Dans l’eau croupie

D’un pneu éthylique

GILRAY, avril 2019

Parigramme – tout paris est à lire

Atlas de Paris au Moyen-ÂgeSource : Parigramme – tout paris est à lire

ATLAS DE PARIS AU MOYEN-ÂGE

ESPACE URBAIN, HABITAT, SOCIÉTÉ, RELIGION ET LIEUX DE POUVOIR

Philippe Lorentz
Dany Sandron
Photographe : Jacques lebar


 

Paris – 200 000 habitants en 1300 – est la plus grande ville de l’Occident médiéval. Elle devient au XIIIe siècle la capitale du puissant royaume de France vers laquelle affluent intellectuels, hommes d’affaires et artistes. La croissance sans précédent de la cité n’a pas manqué de laisser une empreinte durable. Dans bien des quartiers, le tracé actuel des rues reflète les opérations de lotissement qui présidèrent à l’installation des nouveaux venus au cours du Moyen Âge. Si peu d’édifices médiévaux sont aujourd’hui visibles dans leur quasi-intégrité, telles Notre-Dame ou la Sainte-Chapelle, beaucoup sont conservés de manière fragmentaire, comme le Louvre de Philippe Auguste, la salle des gens d’armes de la Conciergerie ou le réfectoire du couvent des Cordeliers. Ces vestiges – et bien d’autres – jalonnent la trame urbaine dont les aspects changeant au fil d’un millénaire sont restitués par les images anciennes.

Entre la « ville idéale » rêvée par les rois et la cité grouillante aux maisons serrées les unes contre les autres, aux ruelles étroites et nauséabondes, se dessine le visage du Paris médiéval.

Philippe Lorentz enseigne l’histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Strasbourg et à l’École Pratique des Hautes Études.

Dany Sandron est professeur d’Histoire de l’art et d’Archéologie du Moyen Âge à Sorbonne Université. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’architecture.

 

Projet d’écriture

Prologue

Je sais que vous tenez maintenant mon manuscrit en mains. Devant vos yeux de lecteur attitré. Je ne citerai pas encore la maison d’édition, par précaution. Je dois d’abord vous mettre en demeure. En demeure de me lire, c’est votre job.

Je ne sais pas si vous apprécierez ce que j’écris, mais là n’est pas la question.

Vous ne me survivrez pas si vous ne vous mettez pas à la tâche.

Alors, pourquoi pas ? Je commence par le récit de notre rencontre. Au bistrot A la Mort subite, dans le centre de Bruxelles. Un après-midi de décembre. Je ne me souviens pas de l’année exacte, mais c’était avant…

L’après-midi, en, semaine, en-dehors des vacances, La Mort Subite, c’est calme, quelques clients attablés de-ci delà dans la longue enfilade du café, pas de musique, l’impression d’avoir pieds dans une autre époque, compassée, intemporelle. Des murmures filtrés se  diluent dans un silence que semblent nourrir les deux garçons accoudés au comptoir. Les murs affichent toujours d’antiques photos, délavées, qui témoignent d’un passé plutôt fantomatique.

Dehors, la rue, pourtant proche du centre, n’est guère animée. Pas de neige, mais un fluide glacial, bruineux, qui s’insinue dans les moindres recoins et vous fait croire que le ciel gris apporte la rédemption… J’aime ce Bruxelles délétère, maître du jeu, cette ville qui, depuis longtemps, a inhibé mon âme et mon corps.

Je me suis installé près de la fenêtre, à droite en entrant. Une table où, jadis, … mais c’est une autre histoire. Maintenant, je sais que vous n’allez pas tarder. Vous faites partie de ces gens qui respectent au dixième de seconde leurs rendez-vous, parce que vous aimez être irréprochable. Je sais aussi que ce n’est pas par conviction que vous allez me rencontrer – des manuscrits, vous en lisez des mille et des cents chaque semaine -, mais je crois par un effet d’inéluctabilité !

Mon chapeau, un Wesley de chez Brixton, trône à quelques centimètres de la chemise qui enserre mon manuscrit, et déjà, une gueuze m’a été apportée par l’un des garçons, en gilet noir et tablier blanc. Le style, car il faut du style. Surtout avec moi.

A l’heure dite, vous entrez. Vous ne correspondez pas tout à fait à ce que j’avais espéré, ou craint

Photo Charles le Brusseler

Vous êtes entré dans la salle. Impossible de ne pas vous reconnaître. On reconnaît toujours les personnes insignifiantes dans la réalité, comme  les personnages secondaires  dans d’autres contextes … Plutôt mince, la quarantaine, le crâne en partie dégarni, un visage passe-partout, un costume noir, séant mais anonyme, urbain, définissant une personnalité diaphane. Pour donner le change, tes chaussures ! Elles, elles dénotent, attirent un instant le regard. Sans doute des Magnanni Derbies ? Couleur cognac, et je crois de pointure… exagérée.

Je n’oublie pas le petit attaché-case plus ou moins de la même teinte, religieusement coincé sous le bras droit. Vous êtes celui à qui j’ai donné rendez-vous dans ce vieux café de la capitale, celui à qui peut-être je remettrai dans quelques instants un manuscrit, à même posé sur la table à côté de mon chapeau. Peut-être.

Je pensais à ce moment au premier chapitre du Pendu de Saint-Pholien, quand le commissaire Maigret, lui aussi, se retrouve dans ce bistrot quasi désert. « Et il avait pénétré, en simple curieux, dans un petit café de la Montagne aux Herbes Potagères. » Je ne suis pas un simple curieux, j’aime les lieux qui laissent des marques, se perpétuent. Je l’ai écrit et vous allez peut-être sous peu découvrir mes véritables intentions. Si vous m’écoutez, si vous lisez entre les lignes.

Un bref petit signe de la main et vous vous attablez en face de moi.

Des phrases de simple civilité s’échangent, je déteste reproduire ces ridicules entrées en matière. Je vais à l’essentiel. Vous commandez un café, le garçon s’exécute.

Photos ci-dessous : Farewell  (sur Google+)

Et, au moment où deux petites tasses fumantes atterrissent sur notre table, je vous tends un billet, manuscrit, comme une carte de visite, comme une façon d’afficher ce que je suis, ou veux être…

 « La ruelle est sombre. La pluie s’accroche aux pavés, sirupeuse. Le temps délaisse cette part de la ville. Je cherche le halo de lumière d’un réverbère chimérique, je sais qu’on me guette dans l’ombre, mais je ne résiste pas à la griffe qui s’insinue dans ma tête. J’ai toujours connu les façades de briques éteintes, les portes de bois bleuies, les fenêtres dépolies, tissées de toiles comme les dentelles d’une vieille arachnéenne. Toujours connu les flaques croupies, d’une eau qui s’obstine à demeurer. Toujours cherché à en boîter les filles nocturnes, au revers de quelques tavernes aux néons perclus. La ruelle est mon antre, l’infini de ma nuit synchro. Elle me cause dans l’oreille, me susurre le crépitement de tes baisers. C’est une ruelle d’un bruxelles hypothétique, d’un bruxelles crapuleux et triste, d’un bruxelles qu’ouvragent les doigts d’un artiste sombre.  Et la bière sûre finalise le dessin de mes lèvres, je la crache entre mes dents vers toi qui flirtes avec brel et ses sueurs de scène. Je marche sur le grès laminé de ces pavés mal ajustés, sur la peau citadine et grave, sur la mousse cannibale et le sang coagulé d’un meurtre qu’ils n’ont pas élucidé.

La ruelle est sombre. La pluie fait le décor, je l’aime inépuisable dans mes cheveux rares, je la bois jusqu’à la lie de tes lacis de chair aimante. »

Je scrute son regard : que va-t-il déduire de ce bristol ? Il reste énigmatique. Nous sirotons nos expres

Suite probable d’un récit inachevé

Image associée
Photo WEB
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La ruelle est sombre. La pluie s’accroche aux pavés, sirupeuse. Le temps délaisse cette part de la ville. Je cherche le halo de lumière d’un réverbère chimérique, je sais qu’on me guette dans l’ombre, mais je ne résiste pas à la griffe qui s’insinue dans ma tête. J’ai toujours connu les façades de briques éteintes, les portes de bois bleuies, les fenêtres dépolies, tissées de toiles comme les dentelles d’une vieille arachnéenne. Toujours connu les flaques croupies, d’une eau qui s’obstine à demeurer. Toujours cherché à en boîter les filles nocturnes, au revers de quelques tavernes aux néons perclus. La ruelle est mon antre, l’infini de ma nuit synchro. Elle me cause dans l’oreille, me susurre le crépitement de tes baisers. C’est une ruelle d’un bruxelles hypothétique, d’un bruxelles crapuleux et triste, d’un bruxelles qu’ouvragent les doigts d’un artiste sombre.  Et la bière sûre finalise le dessin de mes lèvres, je la crache entre mes dents vers toi qui flirtes avec brel et ses sueurs de scène. Je marche sur le grès laminé de ces pavés mal ajustés, sur la peau citadine et grave, sur la mousse cannibale et le sang coagulé d’un meurtre qu’ils n’ont pas élucidé.

La ruelle est sombre. La pluie fait le décor, je l’aime inépuisable dans mes cheveux rares, je la bois jusqu’à la lie de tes lacis de chair aimante.

Février 2019

GilRay

Expo. Leonard Freed, un photographe dans la tempête

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