Tu aimais ces nuages

Tu aimais ces nuages

Ceux qui font les moutons doux

Dans un ciel format tabloïd

Avec des dessins d’enfants

Eparpillés aux angles

Chauds et bleus

Tu aimais ces nuages

D’humeur divine

Races d’une suite d’étoiles

Un peu en striptease dans le jour

Qui jamais ne s’éteint

Et me donne souvent

Ton portrait en catimini

Tu aimais ces nuages

Confidents de nos baisers

Gorgés de la sève céleste

Longues avenues

D’épissures d’entrelacs de pluies retenues

Tu aimais ces nuages

Qui te donnaient vie

Et nous fractionnaient

En éclats de mots tus

Nuages ronds qui trompent

L’hypocrisie de la terre

Nuages aphrodisiaques

Dans le paradis des infinis

Nos sosies

Au rythme des horizons

Tu aimais ces nuages

ma mie

GilRay , juin 2021

Portfolio. Symbiose

pix-visu

Microsoft Word – MEMOIRE.docx

Dans la société occidentale actuelle, notre rapport au corps est de plus en plus instrumentalisé, la société pousse au culte de celui-ci et la nudité n’est pas encore totalement acceptée, elle reste sujet à polémique. Le corps possède une portée universelle et surtout une valeur symbolique. Le corps est donc un outil plastique évident dans la création photographique.

Dans le cadre de ce projet intitulé « Symbiose » la difficulté était de photographier deux sujets de même importance au sein d’une même photographie, comment les faire fusionner en un seul sujet ou les faire se répondre ?

Merci à Audrey & Coraline pour leur précieuse collaboration.


Au fil de mes projets photographiques personnelsou académiques, j’ai régulièrement besoin de nouveaux visages afin d’illustrer mes idées, de répondre aux nécessités de l’image. De fait je suis en permanence à la recherche de modèles prêts à collaborer le temps d’un shooting…

Voir l’article original 7 mots de plus

Station Eleven

« Un bel hymne à l’art, qui nous sauvera tous. » (Télérama).

« Station Eleven », par Emily St. John Mandel. 2013 (Le Livre de Poche).

Emily St. John Mandel, née en 1979 à Comox en Colombie-Britannique, est une romancière canadienne anglophone, spécialisée dans le roman policier. En 2014, elle aborde la science-fiction avec son roman Station Eleven qui est finaliste du National Book Award. Wikipédia

Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.

Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l’histoire de la littérature d’anticipation.

500 000 exemplaires vendus en Amérique du Nord, 150 000 dans les îles Britanniques.

« Profondément mélancolique, mais magnifiquement écrit, et merveilleusement élégiaque. » George R. R. Martin

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A titre personnel : ce livre est tout simplement prenant, il ouvre des perspectives, des espoirs, dans ce monde déjà calciné par une pandémie… « Parce que survivre ne suffit pas ».

« Mandel est capable de faire ressentir l’intense émotion d’existences fauchées par une époque terrible. » The New York Times

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Fiction ferroviaire, photo-montage

Décembre 2020, gare de Mazy et voie désaffectée à Gembloux (Belgique)

Nous vivrons dans des villes nouvelles

La ville nouvelle s’ouvre à mes pas hésitants

Belles avenues lisses

Murs de marbre murs végétaux

Pas de bruit en surface

Légers trémolos sous le sol

Tout est propre

Pas encore utilisé

L’air empreint d’une douce brume

Dépose ses buées sur ma bouche

On pourrait toucher les nuages de ses doigts

Et survivre dans l’immensité

On pourrait s’élever

Au-delà des ultimes étages

Enlacer de grandes arabesques

Emplir son âme

D’une foi astrale

La ville nouvelle a des allures de cathédrale

De sainte païenne

Son missel colonise

Les citoyens aseptisés

Agenouillés dans ses avenues

Boitillant sur ses trottoirs

Ou buvant l’infini de leurs yeux

Emerveillés

La ville s’impatiente

Se synchronise se métallise

S’enorgueillit

Avec ses greffons de plantes

Pile face sur ses parois

Ses longues et langoureuses inflorescences

Qui détrônent l’humain

Ecrèment la sève

Guident des mains hésitantes

Inoculent l’onde du futur

Les pylônes de l’absolu

Pointent des nuages

Muets et tristes

Allumés la nuit comme des cierges

Phares étouffés

De nos titubements

La ville nouvelle enfante dans la douleur

Crispée sur son ventre de démiurge

Déjà maternelle avant l’aube

Nourrissant ses ouailles

Au doux lait de ses entrailles

Elle accumule tant d’amour

De pierres chaudes de macadam pétrifié

De grandes bavures de verdure

Acculée à se maudire

La ville nouvelle

Enfouit ses rêves

Et mes pas hésitants s’engluent

Dans ses veines secrètes

GILRAY, novembre 2020

Manuscrit de comptoir

Une vie antérieure

J’étais attablé à un bar du côté de la Place Blanche. Plutôt sombre. Quelques consommateurs le long du zinc, peu loquaces. Le barman s’approcha de moi, me tendit une feuille un peu défraichie. « Je crois que ça va vous intéresser. Un type, hier soir, a laissé ce texte avant de partir. Il l’avait écrit sous mes yeux après m’avoir demandé du papier. Vous avez une tête à vous intéresser à la littérature ! » Je le regardai dans les yeux, m’emparai de la feuille. « Ah oui, ajouta le barman. La fille dont il parle…Jamais vu cette gonzesse. Le gars était seul. » Seul, comme moi ce soir-là.

Ca commence infernal

Tes déhanchements n’ont pas la cote

Pas avec moi

Ça commence sur le fil

De la lame

Tu joues avec mon envie

De choisir

T’embrasser

Dans ce bar ou

Larguer les amarres

Irrésistible à mes côtés

Et puis esquif de la nuit

Se perdant dans l’ombre

Et les leds discrets

Diodes de ton corps

Qui font de mes yeux

Des artistes populaires

Irrésistible ouverte au désir

Avec toi

J’oubliais les bonnes réputations

Il n’y a pas de bonne réputation

Quand on quitte le beau monde

Baby

Ça commence infernal

Je sais pas comment

Te dire que le cinéma

Je le paie pas

Tu peux jouer la star

Version   hollywood

Tu peux peut-être

Me lancer dans une petite galère

Tu sais sans effet spécial

Me glisser dans l’oreille

Un mot un seul

Pour changer de cap

Chantonner à l’unisson

D’un baiser réconfortant

De doigts tremblant

Sur tes hanches

Ça commence infernal

Je vais finir par t’aimer

sans effet spécial

Octobre 2020

Mascarade

Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche

Yeux fixés sur tes pompes

Au fil des pas

T’as plus d’horizon à la longue

Rêves solidaires des pavés

Que d’autres ont foulés

Quand c’était vénitien

Aux jupons des canaux

Fantasmes colorés sous les cils

Lueurs nocturnes des fanaux

Quand c’était vénitien

Ton carnaval fou

Le satin noir de ton loup

Griffé sur tes joues

Aventurier un peu corto maltese

Tu marches

Dans la ville du patriarche

Tu laisses couler ton sang

Aux commissures de tes lèvres

Avec cette fièvre

Qui les embellit

Ta colombine boit ta bouche

Sous la collerette

Elle aime les causes perdues

Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche

N’enfile pas ton costume constellé

Pauvre mec désarticulé

Joue doigts collés à ton violon

Les airs félons

De ta ville déserte

Joue ta mascarade

People en rade

En face ils t’épargneront

Feront des ronds

Et ton fard fondera

Sous la lune

Lune de l’infortune

Black night

Camarade de l’artillerie

Des armes lourdes

Qui te rendent invincible

Tenant ta bible

Urbaine et douce

Comme un pierrot un suppôt

De l’extrême onction

Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche

T’as pas le look qui plaît (sLAm )

T’as pas le look qui plaît

Fille aux yeux rougis

T’as pas le look

Mais tu m’plais

Ta planque

C’est l’entre canaux

De la ville

La ville

Où tu es née

La ville

Des oubliés de la ville

Belle encore

Et toujours parce que

Pour toi elle sourit

Intra-veineuse

Un peu

Music

Dans ta tête

Quand tu la dorlotes

Sur les pavés ruisselants

Peuvent pas être secs

Et toi tes mains

La fabriquent

Jour après jour

Fille du jour qui meurt

Si t’as pas le look

T’as le langage

Les mots qui sourdent

Christ piercé

L’humanité en cloque

Dans ton petit ventre

Je t’aime fille

Aux yeux rouges

Tu t’infiltres enfin

Armée de pleurs

Et de bonheurs

T’as pas le look qui plaît

T’as le look

Qui me plaît

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©Photos Perso, Street, Charleroi, 2018.

cheveux de femmes

Cheveux de femmes

Sous mes regards

Ils s’étalent dans les lumières

D’une douce matinée

Virevoltent et cachent

Parfois

Des yeux qui ensorcellent

Semblent naître d’un lointain

Qui nous agrippe

À des amours des rivages

Et nous épuisent

À vouloir les caresser

Cheveux de braise et de blondeur

Cheveux aux couleurs insaisissables

Filigranes qu’on ne possède jamais

Ecriture de l’offrande

Pudeur cache-cache de la beauté

Horizon plus loin encore

Que l’horizon

Cheveux de femmes

Parfumés par une fragrance

De terres sauvages

De plages rétives

D’eaux perlant

De roches pures

Cheveux de femmes

Je ne les peignerai jamais

Comme vous les aimez

Je les peignerai

Dans une sourde mêlée

Ivre de leur incandescence

Noyé dans le vent de leur envol

Fable de notre temps

Les ailes noires ne survoleront plus nos têtes

Ne sèmeront plus la ciguë

Qui vitriolait nos vies nos rires

Ces ailes caciques énucléant

L’ordre de nos gestes

Cassant l’image de l’autre

Les ailes se replieront

Frileuses et diablesses déchues

De nos lèvres délivrées

Nous boirons les vins et les nectars

Nos accolades seront des embrassades

Nos baisers des tourterelles dans l’azur des rues

Et nos paroles pleines de sens enfin

Résonneront au fil des tympans

Et ce seront des syllabes langoureuses

Nous nous sentirons nus

Comme aux premiers temps

Ceux que frôlaient nos émois d’enfants

Tu chanteras des gigues acoustiques

Des odes des mélopées

Viendront de là-bas les amazones

Déléguées des dieux antiques

Orgie chaste du bonheur

Aux plis de nos âmes

Je me réconcilierai mon frère

Et dans nos yeux naîtront

Ce calme qui tremble et frémit

Cette houle du désir apaisé

Vivipares de l’absolu

Lymphes immortelles

Corps multicolores

Nous aurons lapidé les venins

Immolé les inhumains

Rendu grâce à nos Artémis

Et à ce chêne grand qui m’enlace

Maître de mes herbes folles

Les ailes noires ne survoleront plus nos têtes

©Une photo prise par une amie roumaine, Liliana, en 2018

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