Girl No Name

Girl No nameElle était là adossée

À une vitrine déglinguée

Dans une galerie commerçante

Jadis prospère

Jeune, jeans un rien pourris

Sur une couverture avec de belles couleurs

Elle était là

Dans une ville du sud

De ce pays

Où vivent des gens parfois cossus

Pas paumée mais délaissée

Pas dans son assiette

On dirait speedée ou tu sais

Au sortir d’un trip au sortir d’une solitude

Cherche son chien peut-être

Cherche plus les humains

M’agenouiller près d’elle

A quoi ça sert

Lui dire quoi une piécette en mains

A quoi ça sert

La galerie est froide

Des lueurs à l’entrée

Des pas égarés sur les carreaux du sol

Elle était adossée

Jeune sûrement belle un jour

Ma vie se rétracte

Sur mon passé

J’ai comme une envie

De l’enlacer dans mes bras sans domicile fixe

De ne rien dire

A quoi ça sert

Dans une ville du sud

De ce pays

Où vivent des gens largués

A proximité

Pas loin dans les rues

Blasées

Dans les rues où s’éteignent

Les rires et les pleurs

L’emmener

Et puis plus tard avec la nuit

Elle n’était plus adossée

A cette vitrine

Malvenue plus là

 

J’ai repris le train

Repris l’écarquillement

De ses yeux

Dans ce petit champ de vision

De mes souvenirs déjà accouchés

Photo en-tête : Robert Irwin

——— GilRay, décembre 2017

Résultat de recherche d'images pour "Lavilliers berceuse pour une shootée"On pourrait écouter, après avoir lu ce texte, la chanson de Bernard LAVILLIERS, « Berceuse pour une shootée », extraite de l’album Les Barbares  (1976).

En voici le texte:

Tu l’as dans ta veine, tu le sais
Y’a le sommeil qui va descendre
Et puis sous le soleil qui naît
Nous ne pourrons plus nous comprendre
Je ne peux plus rien te donner
Et tu ne peux plus rien me prendre
Monsieur dealer je te connais
J’ai bien envie de te descendre
Petite soeur aux poignets fragiles
Petite voix cassée, absente
Deux grands yeux fixés sur l’exil
Petite fleur légère, cassante
Dans cette chambre un peu baroque
Un peu sordide et un peu sale
Entre les Indes et le Maroc
Dans ce clair-obscur de vestale
Tu restes là me regardant
Les mains tremblantes sous la toile
J’ai vu la mort à 17 ans
Sous cette lumière verticale

Il y avait un goût amer
Dans cette pièce froide et close
Pas de jetée et pas de mer
Pas d’aurore tirant vers le rose
Le dealer finira tranquille
Loin des hôpitaux des cliniques
Protégé par les imbéciles
Par le système et par les flics
Dans un décor très décadent
Avec ton fric avec ta peine
Avec ta mort avec ton sang
Ta solitude avec tes veines
Petite soeur aux poignets fragiles
Petite voix cassée, absente
Deux grands yeux fixés sur l’exil
Ce matin là dans l’ambulance

https://www.paroles.net/bernard-lavilliers/paroles-berceuse-pour-une-shootee

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