Archive | septembre 2019

Boire cette nuit

Je bois cette nuit

Dans la coulure du jour

Mes paupières se closent

Comme des chiennes soumises

Et je fais l’inventaire de mes ivresses

Épousseter le néant

C’est ce qu’ils m’obligent à faire

Rafler les traces

Sidérer le petit peuple

Les pacotilles d’humanité

Je bois cette nuit

Mielleuse dans ma bouche

Eau vive alcool des insomniaques

Ils l’ont tant dénigrée

Avec ses lunaisons ses venins

Mais elle triomphe pluie noire

Trompe un soleil médusé

Irradie les aveugles

Nuit des invalides de la nuit

Nuit des pistoleros

Sur leurs selles de cuir râpeux

Nuit plus grande encore

Quand elle fait la nique

Au chaos du jour

©GilRay

Septembre 2019

Une publication annoncée

Une publication annoncée…
Pour la 3e année consécutive, l’Espace Ecrivain Public, à Binche, a lancé cet été un (3e) concours de nouvelles, dans le cadre de son action « Ecrire en été ». Il s’agissait de donner une suite à un incipit, un premier paragraphe rédigé par une auteure, en illustrant librement un genre littéraire au choix.
J’y ai participé, connaissant l’une des personnes responsables, qui m’a, il y a deux ans, encouragé à devenir bénévole en alphabétisation dans ma région.
Un comité de lecture a sélectionné seize nouvelles, dont la mienne, qui seront publiées au printemps prochain par l’Atelier 53 (l’espace est situé au 53 avenue Charles Deliège à Binche).
Ma nouvelle s’intitule « Et j’ai chanté dans la douce pâleur de l’aube ». Elle figure aussi sur mon blog www.gillesray.be.
A noter : prochainement l’atelier organisera des stages de slam.

La page du blog : http://www.gillesray.be/…/et-j-ai-chante-dans-la-douce-pale…

Le site Facebook de l’Espace Ecrivain Public / Atelier 53 : https://www.facebook.com/lesecrivainspublicsbinchois/

Portraits Urbex / Carole

Carole, Fol danse

Carole, prisonnière de la Tour

Cette tour comme un giron

Puits de lumière et d’ondes

Où médite la Femme aux Cheveux de Ciel

Elle appelle l’infini

Colore les anneaux de métal et de ciment

Sirène des banlieues électriques

Et soudain fuse un dernier regard

Frange ovoïde et corps enrobés

©GilRay, août 2019

Portraits Urbex / Wen Dy

Wen Dy et le vieux piano

Wen Dy, dans l’ombre de la Forte Taille

Les ombres voltigent dans les pierres lunaires

Dans les briques d’usine

Le long des vieilles poutres métalliques

La lumière cherche des détours

Le visage éclot

Inquiet yeux à mi-chemin

Corps épousant le désordre

Minéral

Femme lovée dans la courbure

D’une forge oubliée

©GilRay, août 2019

Portraits Urbex / Isabelle

Isabelle, romance

Isabelle, là-bas

Comme Baudelaire j’aime le souvenir de ces époques nues

Ces visages ces silhouettes saisis

Dans les rais d’une lumière timide

Et leurs traits à jamais ingénus

Rosées de l’aube du monde

J’aime vivre les frissons

Les regards épanouis

Un bonheur au sein de ce qui fut

Une innocence marbrée

Le souvenir des époques nues

©GilRay, août 2019