Avec ton visage de poupée

Je t’aimais bien

Avec ton visage de poupée

Dans la jungle de ma tête

Je t’aimais bien

Égarée  tout le long

Des rives de ma peau

Je t’aimais bien

Mais m’aimais-tu

Le regard ailleurs

Ton corps dans ce désastre

Des océans qui n’en finissent pas

Femme de l’amour improbable

Femme dans cette vague fluide

Poupée aux interminables rictus

Larguant dans mon désir de toi

Tes déhanchements de pauvrette

Je t’aime j’aime les insoumises

Et les galets que tu imprimes

Sur l’oubli de ton visage

Et je n’ai pas peur

Des mots qui se répètent

Puisqu’ils te décrivent

Jusqu’à ce que mort s’ensuive

Subitement tu es là

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En camping-car, un livre de Ivan Jablonka

 Ivan JablonkaA travers ses propres souvenirs de vacances d’enfance, dans les années 1980, Ivan Jablonka dresse le portrait d’une génération. Loin de tout narcissisme.

« Soyez heureux ! » rugit le père au volant du camping-car cet été 1986. Il lui est insupportable que ses fils n’admirent pas ce désert marocain, ne profitent pas de ces aventureuses vacances qu’il leur offre, avec leur mère. Eux n’ont pas eu leur chance. Lui, surtout, dont les parents ont été assassinés à Auschwitz, qui a grandi dans les institutions réservées aux orphelins de la Shoah, dirigées par la Commission centrale de l’enfance, une organisation juive communiste. Cette injonction au bonheur qu’il n’a pas connu, et qui devient ici acte de résistance, revanche face à la tragédie de ses aïeux, le père de l’historien Ivan Jablonka la concrétisera avec famille et amis chaque été de la décennie 1980. De Corse en Turquie, du Portugal en Italie, de la Grèce au Maroc ou en Sicile. Une manière joyeuse et toujours culturelle de combler les disparitions, les absences et silences sur lesquels ne cessera d’écrire pourtant — et superbement — le fils. A jamais « enfant-Shoah », comme dit de lui Ivan Jablonka, 44 ans.

Le camping-car Volkswagen de ses jeunes années est à la mode, sorti des usines allemandes qu’a ressuscitées le plan Marshall, en osmose avec le goût populaire tout neuf des vacances et du plein air ; et en écho à l’éternel exil, du cosmopolitisme forcé des ancêtres. Le camping-car comme métaphore d’une culture, d’un peuple. D’une exigence d’ouverture, de curiosité aussi, et d’une époque en mouvement. Jablonka érige sur le combi Volkswagen une vraie mythologie à la Roland Barthes.

Entre la mère prof de lettres, éprise d’antiquité gréco-latine, et le père scientifique, les fils explorent des territoires où ne s’aventurent guère les touristes. Et où leur parentèle intello libertaire, pédago bobo, compte fortifier leur esprit pour ces concours prochains qu’ils sont condamnés à réussir.

De ces expéditions naturistes écolos prolos que méprisent les copains bourgeois du lycée, Ivan Jablonka tire aussi les secrets d’une « autohistoire » de sa façon. Comme on dit, pour les écrivains, autofiction. A travers ses souvenirs de vacances, il traque une époque, une génération. En camping-car n’est jamais narcissique. L’auteur y rend l’anecdotique personnel exemplaire et le détail familial magistral. Il invente un art généreux de faire histoire de soi, où il s’agit de « débusquer ce qui en nous n’est pas à nous. Comprendre en quoi notre unicité est le produit d’un collectif, l’histoire et le social. Se penser soi-même comme les autres. » Son délicieux récit de jeunesse — où se redécouvre la France des années Mitterrand — ­devient alors un saisissant exercice de moraliste.

 

| Ed. du Seuil, coll. La Librairie du XXIe siècle, 192 p.

Un article de Télérama, 2 janvier 2018, http://www.telerama.fr/livres/en-camping-car,n5424423.phpEn camping car 2

des murs des briques

Des murs220118

des briques des murs

autour de nous se dressent

mais ils n’effaceront pas la mémoire

de nos ancres de rouille

ne gommeront pas

l’envie que nous avons

de rompre encore et toujours

le silence des pierres

 

Collage : Carnets Maggy Want

Texte : GilRay

Falaise des fous

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Patrick GRAINVILLE , aux éditions du Seuil, 2018.

Grainville nous rapproche de MONET et de COURBET sur les falaises d’ETRETAT…

Résumé :

1868-1927 : de l’invention de l’impressionnisme à la traversée de l’Atlantique par Lindbergh, un Normand établi à Étretat entreprend le récit de sa vie. Orphelin de mère, jamais reconnu par son père, il s’est installé chez son oncle, dans la splendeur des falaises, après avoir été blessé lors de la sanglante aventure coloniale en Algérie.

Sous son regard, un homme peint : c’est Monet. Pour le jeune homme, qui ne connaît rien à la peinture, c’est un choc. La naissance d’un art et d’une époque se joue là, et, dès lors, il n’aura de cesse d’en suivre les métamorphoses, guidé par deux amantes, Mathilde, une bourgeoise mariée, sensuelle, puis Anna, passionnée. Elles l’initient à Monet, présent de bout en bout, mais aussi à Courbet, Boudin, Degas, Flaubert, Hugo, Maupassant… Tous passent à Étretat ou dans son voisinage.

De la débâcle de la guerre de 1870 à la découverte de New York, de l’affaire Dreyfus au gouffre de la Grande Guerre, c’est tout un monde qui surgit, passe et cède la place à un autre. Dans la permanence des falaises lumineuses, la folie de Monet affrontant l’infini des Nymphéas. Le tout sous la plume d’un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup ressenti, aimé et perdu.

Fresque historique vertigineuse, saga familiale et amoureuse, évocation puissante de la pulsion créatrice : avec Falaise des fous, Patrick Grainville signe son roman le plus accompli, le roman d’une vie.     <<< Babelio
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Subway girl with a child

Roche, la personne, lumière, noir et blanc, gens, femmeDans le grand couloir de la Gare du Nord

A Bruxelles là-bas près des rails des grandes illusions

Ceux qui nous mènent au quotidien

Ici ou là parce que c’est la vie au quotidien

Dans la foule éparpillée émiettée

Qui ne s’aventure jamais mais suit les chemins connus

Rejoindre sa maison rejoindre son destin

Dans la foule cette foule terrestre aimant l’anonymat

Et la perdition aussi tapie sous les néons

Elle était là cherchant le tracé d’une autre vie

Poussant le petit véhicule

Où s’était assoupi son enfant

Je me souviens

Son bonnet son teint âpre sa jeunesse rom

Bras engourdis ses yeux si beaux

La laine de son manteau

Ce monde d’ailleurs ma jeune gitane

Par-dessus les épaules

Son regard droit dans mes yeux

Je me souviens pourquoi moi et toi

Dans le couloir de cette gare du nord

Dans une ville frileuse transie un soir de décembre

Ton regard me chavirait enfin

Je laisse ma bière sur le comptoir du bar des passants

Te rejoins près de l’entrée d’une boulangerie

Enfant adulte jeune petite paumée

Love dans la froideur des carrelages

Qu’est-ce que tu voulais que je fasse

Pourquoi moi

Non c’est pas de la littérature de gare

On n’attend rien on lit sa petite existence

Dans la vacuité l’envie d’être celui qui  avec toi

Refait un monde où

Les poussettes câlinent les gosses

Où on a quelque chose qui vibre

Back to black

À n’en plus savoir à n’en plus souffler

Dans cette foule

Et ton bras ton geste qui m’appelle

Je suis rentré dans cette  boulangerie métropolitaine

Acheté je sais plus quelle pâtisserie

Et te l’ai donnée dans ta main

Transit vers le petit la petite je sais plus

Dans la poussette

Et les autres ces autres cette masse

De gens blafards inutiles dans leur trépas de morts vivants

C’est quoi ce monde

Couloir central gare du nord Bruxelles

Ton regard dans mon regard

Petite rom ma bière ne mousse plus

J’ai fait quoi

Sweet home baby

Un jour je me reposerai dans ton monde

Ce couloir sera le paradis

Et nous aurons nos doigts tendus lacérés enlacés

Pour leur dire

Que la vie va que la vie elle a une bonne tendance

Je te dessinerai dans mes plus belles aquarelles

Girl of the subway

Subway 2

A lire en écoutant Lhasa de Sela:

 

 

LogoRay

Tant que durera le désir (GilRay) | GilRay

Envie de republier un texte ancien… à partir de mon blog http://www.gillesray.be

Source : Tant que durera le désir (GilRay) | GilRay

 

Décibelles

Logo blues sp

C’est un entrelacs de fines

Décibelles

Dans ma tête en orchestre

De fines demoiselles de son

Qui se font belles

Et sondent mes tympans

Pour y forger un blues

Comme on récolte du coton

Dans les états du sud

Comme on chante et gratte une guitare

Comme on aime la vie même

Si elle a pas toujours le goût

Du bonheur

La vie sur des battements de batterie

La vie elle te possède

Dans un champ de notes

De notes bleues

C’est ça le blues du bleu

Électrique ou acoustique tu choisis

Mais tu dois l’aimer

Cette musique

Parce qu’elle anime ton envie

Parce qu’elle innerve ton corps

Parce que tu oublies d’où tu viens

Où tu vas où est ta désespérance

Mississipi Nouvelle Orléans ici ou là

Elle se plante façon  Chicago Detroit

Elle se plante et pouffe de larmes

Oui le blues se trame

Dans les circuits qui tanguent

Dans tes veines mélodiques

My music 1

 

« Les vingt arrondissements de Paris. Une ville au bonheur des rues et des souvenirs »

Un recueil de Léon-Paul FARGUE (1876-1947). Paru à titre posthume en 1951. Aux éditions Parigramme.

Les vingt arrondissements de Paris Léon-Paul Fargue

 

Source : Parigramme – tout paris est à lire

Girl No Name

Girl No nameElle était là adossée

À une vitrine déglinguée

Dans une galerie commerçante

Jadis prospère

Jeune, jeans un rien pourris

Sur une couverture avec de belles couleurs

Elle était là

Dans une ville du sud

De ce pays

Où vivent des gens parfois cossus

Pas paumée mais délaissée

Pas dans son assiette

On dirait speedée ou tu sais

Au sortir d’un trip au sortir d’une solitude

Cherche son chien peut-être

Cherche plus les humains

M’agenouiller près d’elle

A quoi ça sert

Lui dire quoi une piécette en mains

A quoi ça sert

La galerie est froide

Des lueurs à l’entrée

Des pas égarés sur les carreaux du sol

Elle était adossée

Jeune sûrement belle un jour

Ma vie se rétracte

Sur mon passé

J’ai comme une envie

De l’enlacer dans mes bras sans domicile fixe

De ne rien dire

A quoi ça sert

Dans une ville du sud

De ce pays

Où vivent des gens largués

A proximité

Pas loin dans les rues

Blasées

Dans les rues où s’éteignent

Les rires et les pleurs

L’emmener

Et puis plus tard avec la nuit

Elle n’était plus adossée

A cette vitrine

Malvenue plus là

 

J’ai repris le train

Repris l’écarquillement

De ses yeux

Dans ce petit champ de vision

De mes souvenirs déjà accouchés

Photo en-tête : Robert Irwin

——— GilRay, décembre 2017

Résultat de recherche d'images pour "Lavilliers berceuse pour une shootée"On pourrait écouter, après avoir lu ce texte, la chanson de Bernard LAVILLIERS, « Berceuse pour une shootée », extraite de l’album Les Barbares  (1976).

En voici le texte:

Tu l’as dans ta veine, tu le sais
Y’a le sommeil qui va descendre
Et puis sous le soleil qui naît
Nous ne pourrons plus nous comprendre
Je ne peux plus rien te donner
Et tu ne peux plus rien me prendre
Monsieur dealer je te connais
J’ai bien envie de te descendre
Petite soeur aux poignets fragiles
Petite voix cassée, absente
Deux grands yeux fixés sur l’exil
Petite fleur légère, cassante
Dans cette chambre un peu baroque
Un peu sordide et un peu sale
Entre les Indes et le Maroc
Dans ce clair-obscur de vestale
Tu restes là me regardant
Les mains tremblantes sous la toile
J’ai vu la mort à 17 ans
Sous cette lumière verticale

Il y avait un goût amer
Dans cette pièce froide et close
Pas de jetée et pas de mer
Pas d’aurore tirant vers le rose
Le dealer finira tranquille
Loin des hôpitaux des cliniques
Protégé par les imbéciles
Par le système et par les flics
Dans un décor très décadent
Avec ton fric avec ta peine
Avec ta mort avec ton sang
Ta solitude avec tes veines
Petite soeur aux poignets fragiles
Petite voix cassée, absente
Deux grands yeux fixés sur l’exil
Ce matin là dans l’ambulance

https://www.paroles.net/bernard-lavilliers/paroles-berceuse-pour-une-shootee

saisonsouscutanée

OLYMPUS DIGITAL CAMERABrasser les derniers relents de l’automne

Les couleurs vives

Les pluies d’ombres et de crépuscules

Ce ciel à vau l’eau

Couché mortifié

Les feuilles mortes qui s’obstinent

À ne pas vouloir  se réincarner

Et ces nuages assoiffés d’anonymat

Mais rouges ou ternes de honte

Eclaircir les matins gueule de bois

Les rosées qui s’entretuent

Et les lierres triomphants

Oublier de dominer

Le monde agrippé

A tes yeux

Choisir l’humilité

Les oreilles colmatées

De chants d’oiseaux s’égosillant

Parce que oui c’est l’automne

Et la vindicte des arbres

Aléatoires

J’aime

Qu’ils m’endoctrinent et me peuplent

Les ultimes rives de ma raison

GILRAY

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